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La pensée magique du moment présent. Là où l'hypnose prend tout son sens.


Il existe aujourd’hui une fascination presque mystique pour l’idée de « vivre le moment présent ». On en parle comme d’une clé universelle, une sorte de remède miracle capable d’apaiser l’anxiété, d’éteindre les regrets et de nous reconnecter à une forme de sagesse intérieure. Cette vision, séduisante et lumineuse, repose sur une promesse simple : si nous apprenons à habiter pleinement l’instant, nous serons enfin libres. Libres des blessures, libres des attentes, libres de la pression du futur.

Mais cette idée, aussi inspirante soit‑elle, porte en elle une forme de pensée magique. Elle suppose que nous pouvons nous détacher de notre histoire comme on enlève un manteau trop lourd. Elle laisse croire que le présent est un territoire pur, vierge, indépendant de ce qui nous a façonnés. Or, la réalité humaine est infiniment plus complexe. Nous avançons tous avec un sac‑à‑dos invisible, rempli de souvenirs, de croyances, de peurs, de réussites, de blessures et de conditionnements. Ce sac‑à‑dos n’est pas un obstacle à éliminer : il fait partie de nous.

Le mythe d’un présent sans passé

La pensée magique du moment présent repose sur une illusion : celle d’un être humain capable de se défaire instantanément de ses traces émotionnelles. Pourtant, chaque réaction, chaque choix, chaque perception est teinté par notre histoire.

Nous ne regardons jamais le monde avec des yeux neutres.

Nous le regardons avec des yeux expérimentés.

Quand on nous dit « sois ici et maintenant », on oublie souvent que notre « ici » et notre « maintenant » sont traversés par des milliers de fils invisibles. Une odeur peut réveiller une mémoire. Un ton de voix peut réactiver une vieille peur. Un silence peut rappeler une absence. Le présent n’est jamais isolé : il est habité.

Vouloir vivre un présent totalement purifié de son passé revient à demander à un arbre de pousser sans racines. C’est une belle image, mais elle ne correspond pas à la nature du vivant.

Le sac‑à‑dos du passé : poids ou ressource

Notre passé n’est pas seulement un fardeau. Il est aussi une bibliothèque intérieure.

Il contient nos apprentissages, nos forces, nos intuitions, nos repères.

Le problème n’est pas d’avoir un sac‑à‑dos.

Le problème, c’est de ne pas savoir ce qu’il contient.

Beaucoup d’entre nous marchent avec un sac rempli d’objets lourds qu’ils n’ont jamais pris le temps d’examiner :

• des croyances héritées,

• des blessures non digérées,

• des peurs anciennes,

• des réflexes de protection devenus inutiles.

Ces éléments influencent notre présent sans que nous en soyons conscients. Ils colorent nos relations, nos décisions, notre façon de nous percevoir.

Et pour avoir réellement accès à ce passé — pour comprendre ce qui nous habite, ce qui nous limite ou nous guide — il ne suffit pas d’un simple regard intérieur. Cela demande une introspection hyper profonde, une plongée courageuse dans nos zones d’ombre, nos mémoires enfouies, nos émotions longtemps mises de côté. Sans cette exploration sincère et parfois inconfortable, notre sac‑à‑dos reste fermé, et le présent continue d’être influencé par ce que nous ne voyons pas.

Faire la paix avec notre passé : l’art de réorganiser notre cube intérieur

Faire la paix avec notre passé n’est pas un acte volontaire, rationnel ou instantané. C’est un processus subtil où notre inconscient doit repositionner ou réaffecter les événements à la bonne place.

Une situation mal classée dans notre mémoire émotionnelle peut continuer à nous perturber pendant des années. Une blessure non digérée peut se manifester dans des contextes qui n’ont rien à voir.

Pour retrouver un équilibre intérieur, notre inconscient doit parfois réorganiser ces fragments, comme si l’on repositionnait les couleurs d’un cube Rubik.

Et cette métaphore n’est pas anodine.

Un cube Rubik, lorsqu’il est mélangé, n’est pas brisé.

Il est simplement désorganisé.

Chaque couleur existe encore.

Chaque pièce est intacte.

Mais rien n’est à sa place.

Notre inconscient fonctionne de la même manière.

Il possède toutes les pièces de notre histoire, mais parfois elles sont tournées dans la mauvaise direction, collées à la mauvaise face, associées à la mauvaise émotion.

Faire la paix avec notre passé, c’est permettre à l’inconscient de :

• tourner une pièce émotionnelle,

• réorienter un souvenir,

• décoller une croyance d’un événement,

• réassocier une émotion à un contexte plus juste,

• remettre chaque couleur sur la bonne face intérieure.

Et lorsque le cube se réaligne, quelque chose en nous s’apaise.

Ce n’est pas l’oubli.

Ce n’est pas la suppression.

C’est la réorganisation intérieure qui permet enfin la cohérence.

Un cube Rubik résolu n’a pas perdu ses couleurs.

Il les a harmonisées.

C’est exactement ce que fait l’inconscient lorsqu’il repositionne notre passé.

Le vrai présent : un dialogue entre ce qui a été et ce qui est

Le moment présent n’est pas un refuge magique où tout disparaît.

C’est un espace où notre passé et notre conscience actuelle se rencontrent.

Être présent, ce n’est pas effacer.

C’est observer.

C’est reconnaître ce qui se passe en nous, ici et maintenant, y compris les traces du passé qui se manifestent.

La pleine présence n’est pas une fuite.

C’est une lucidité.

Elle nous invite à remarquer :

• « Tiens, cette situation réveille une vieille peur. »

• « Je réagis fortement parce que cela me rappelle quelque chose. »

• « Je suis tendu parce que mon histoire me parle à travers ce moment. »

Ce type de présence est plus exigeant que la version magique et simplifiée.

Mais il est aussi plus vrai, plus humain, plus transformateur.

Réconcilier le présent et le passé

La véritable liberté ne vient pas de l’oubli, mais de la réconciliation.

Elle naît lorsque nous cessons de lutter contre notre histoire et que nous apprenons à la regarder avec maturité.

Vivre le moment présent, ce n’est pas se couper de ce qui nous a construits.

C’est choisir consciemment comment notre passé influence notre présent.

C’est dire :

« Oui, j’ai un sac‑à‑dos. Oui, il est parfois lourd. Mais je peux apprendre à marcher avec lui, à l’alléger, à en faire un compagnon plutôt qu’un ennemi. »

Conclusion : un présent habité, pas un présent vide

La pensée magique du moment présent nous promet une forme de pureté intérieure.

Mais la vie humaine n’est pas pure.

Elle est riche, complexe, stratifiée.

Nous ne sommes pas des êtres flottant dans un instant éternel.

Nous sommes des voyageurs, façonnés par notre histoire, avançant dans un présent qui porte les traces de ce que nous avons vécu.

Le véritable art de vivre n’est pas de se détacher du passé, mais de l’intégrer.

D’habiter le présent avec tout ce que nous sommes, sans naïveté, sans fuite, sans illusion.

Le moment présent n’est pas un refuge magique.

C’est un terrain d’ancrage où notre passé trouve enfin un espace pour être compris, transformé et, parfois, apaisé.

Et lorsque notre cube intérieur retrouve son alignement, le présent cesse d’être un combat.

Il devient un espace où l’on peut enfin respirer

 
 
 

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